La peur – Survie en forêt

S’il y a un élément avec lequel il faut composer, c’est bien celui-là. Dans une certaine mesure, la peur fait partie intégrante de toute situation de survie. Canalisée, elle s’appelle prudence et devient une alliée importante. Indomptée, elle se transforme en panique et se révèle trop souvent dramatique.

La peur du grand méchant loup

Notre mode de vie urbain fait que, pour nombre d’entre nous, la forêt est devenue une inconnue. Il suffit de s’y retrouver seul pour que les vieilles peurs du grand méchant loup refassent surface et se mélangent à celles plus récentes véhiculées par le cinéma. Pourtant, la plupart de nos craintes sont injustifiées.

Gardez la tête froide

La forêt québécoise n’étant pas un milieu particulièrement hostile, il suffit de rester prudent afin d’éviter un accident bête et de se protéger efficacement du froid pour que les dangers réels soient écartés. Cependant, pour se prémunir de ces risques bien réels, il faut garder la tête froide et éviter la panique en ne laissant pas notre imagination prendre le dessus.

Se calmer

Il est très important de s’immobiliser et de se calmer dès que l’on constate qu’on est égaré ou que l’angoisse tente de faire surface. Si ce n’était de la nuit et des animaux sauvages, ce texte n’aurait aucune raison d’être. Mais comme ces deux éléments sont synonymes de peur, voyons ce qu’il en est.
 

L'imagination débordante

 
Qui en forêt ne s’est jamais imaginé être la victime d’un ours ou d’une meute de loups? Nous traiterons plus loin dans ce livre des dangers reliés aux animaux sauvages. Vous y constaterez que, statistiquement, vous avez plus de chances d’être atteint par la foudre que d’être attaqué par un ours. C’est tout dire quand on sait qu’au Canada, on considère généralement que les «chances» d’être foudroyé sont de l’ordre d’une sur un million.

Occuper son esprit

Une fois la nuit venue, on devient moins actif et donc plus vulnérable aux méfaits de l’angoisse et de l’imagination. C’est pourquoi il est important, surtout la nuit si le sommeil ne vient pas, de s’occuper l’esprit. Chantez, sculptez un bout de bois, occupez-vous du feu, mais surtout, ne vous contez pas des peurs!

La vision

L’être humain a développé sa vue au profit des autres sens. Il suffit d’être privé de vision, la nuit par exemple, pour se sentir complètement démuni. La marche dans un sentier forestier, qui était pourtant très agréable quelques minutes plus tôt, devient soudain plus inquiétante avec l’arrivée de la nuit.
 
Bien qu’aucun animal n’ait été vu de la journée, on a maintenant l’impression que toute la faune nous attend juste à la limite du faisceau de la lampe frontale... et qu’elle est prête à nous dévorer.

Les bruits

La nuit, les craquements provoqués par un simple écureuil, et Dieu sait qu’un écureuil peut faire tout un boucan, apparaissent comme autant de menaces d’être dévoré vivant. Si les bruits de la nuit vous effraient, criez ou sifflez dans leur direction. S’il s’agit d’un animal, c’est lui qui aura peur.
 
Cependant, s’il s’agit d’un secouriste,vous attirerez ainsi l’attention. Parfois, ce peut être une silhouette immobile qui donne froid dans le dos. Avancez vers elle jusqu’à découvrir ce qu’elle est. À coup sûr, il s’agira d’une souche, d’un rocher ou d’un arbuste à la forme particulière. Une fois que vous saurez de quoi il s’agit vraiment, l’objet n’aura plus aucun effet sur votre imagination.
 

Les deux mots d’ordre face à la peur sont: connaissances et logique

 
Si vous connaissez les dangers réels et savez comment y faire face, vous ne serez pas incommodé par des craintes injustifiées. Si la peur persiste malgré tout, faites-lui face en raisonnant logiquement. Quelles sont les chances statistiques pour que le danger soit bien réel? Dans bien des cas, la peur ne résistera pas à cet examen.
 
Le bruit qu’un écureuil peut parfois faire en forêt est hallucinant! Le jour, cela n’est pas inquiétant. La nuit toutefois, la peur peut nous faire imaginer la venue d’une quelconque bête féroce prête à nous dévorer tout cru... Ce n’est pourtant qu’un écureuil, un tamia ou encore un oiseau.
 
Source: Le guide de vie et survie en forêt; le Broquet; Jean-Marc Lord & André Pelletier.

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